Bonsoir !
Eh oui, je suis chauvine moi aussi ! Le post' de Mamanmarsu sur le mariage traditionnel Breton m'a inspiré et j'ai décidé de faire pareil pour ma jolie région et ses belles traditions
Avant le mariage
Alors comme partout à l'époque, le célibat (surtout chez les femmes, surprise !) était assez mal vu. Du coup il existe plusieurs rites, païens pour la plupart, sensé attirer un conjoint! Par exemple, on conseillait aux jeunes femmes de garnir leur table de mets succulents puis de jeter leur chemise dehors. Si un homme venait leur rapporter, elles devaient l'inviter à manger pour qu'il devienne son futur mari. (facile en fait !) Ou alors, plus catho' cette fois, faire un pèlerinage à la chapelle St Michel au dessus de St Jean de Saverne , pour pratiquer les rites liés au culte de St André : l'un d'entre eux consistait à croquer en se couchant, le 30 novembre, veille de la fête du saint, une pomme de l'année et à s'endormir en récitant la formule : «St Andr é en songe fait moi voir celui que pour époux je dois avoir» . Il était considéré comme plus efficace encore d'acheter des bretelles d'homme et de les placer, ce soir là, sous son oreiller pour obtenir le mari dont on allait rêver.
«Zùem e jedem Holzschuch find sich e andere» (à chaque sabot il y a un correspondant) «Zûem e jedem Haefele g'hert e Deckele» (chaque pot à son couvercle).
Ok, mais il valait mieux épouser quelqu'un de son village, au risque de subir un Charivari. Je sais pas comment ça se passe dans les autres régions, mais chez nous les rivalités entre villages et vallées sont au coeur de plusieurs traditions et sont, parfois même encore aujourd'hui, très marquées !
Les fiançailles
Pas de fiançailles comme on les connait en Alsace, mais la signature d'un contrat et un Handstrich (tape dans la main). Ils engagent ainsi leurs familles respectives et les parrains et marraines des futurs mariés, qui se doivent alors de leurs faire des cadeaux.
Le premier jour des fiançailles étant celui de la signature chez le notaire, la jeune fille refuse de parapher le contrat, se lève et se sauve. On la poursuit et on la ramène. Cette scène se renouvelle généralement plusieurs fois. Alors le fiancé se décide à lui promettre un beau cadeau et elle accepte de signer. Les accords sont enfin définitifs. Cette coutume plus ou moins théâtrale se nomme "la fuite de la fiancée".
La veille du mariage est appelé le Polterabend. Alors honnêtement je suis incapable de vous le traduire, mais ce soir là est caractérisé par le bris d'assiettes et de verre devant la porte des chambres à coucher des mariés. C'est à la fois une allégorie de la virginité de la mariée (quelle finesse !) mais aussi une façon de faire des présages, selon le nombre de morceaux, leur forme et la distance à laquelle ils sont tombé.
Il faut savoir aussi que les relations avant le mariage étaient plutôt tolérées, jusqu'au 19ème siècle du moins. L'idée était de s'assurer qu'aucun des deux époux était stérile. Il existait en Basse-Alsace la coutume des «Kommàchten» (nuits pour venir - coutume appelée aussi «Schwammen» en Haute-Alsace). Les mardi, jeudi, samedi et dimanche soir la soupirant avait le droit de rendre visite à sa bien aimée dans sa chambre. Cette coutume qui se pratiquait aussi en Suisse, en Allemagne et en Suède. Sympa :p
Le mariage
Si la mariée était d'un village autre que celui du marié, celui-ci allait la chercher sur une charrette décorée de rubans et de fleurs. À côté de la charrette galopaient plusieurs amis du marié. La barrière (rite de passage) : élevée sur le passage du cortège ou devant la porte de la maison de la fille au départ ou au retour du mariage. Le marié doit payer une sorte de péage aux jeunes gens qui l'ont dressé. Le plus souvent on tend un ruban, ce qui se dit Spannen. Ce ruban est généralement rouge et parfois on se sert de la ceinture du curé pour barrer l'entrée de l'église.
Une fois que le couple était arrivé dans la maison du mariage, la cuisinière lui apportait une soupière remplie de bouillon de viande(« Brautsuppe ») et une cuillère. D'abord la fille mangeait du bouillon, et ensuite elle donnait la cuillère à l'homme pour qu'il se serve à son tour.
Dans certains cas, chacun des deux essayait de se saisir en premier de la cuillère. Cela remonte à d'anciennes croyances selon lesquelles le premier servi était celui qui prendrait la direction de l'union.
Le jeune couple s'agenouillait ensuite sur un drap blanc, devant ses parents, pour demander pardon. Ce geste, accompli sous les yeux des invités, signifiait que les époux regrettaient de faire de la peine à leurs parents en les quittant pour fonder un nouveau foyer. Les parents exprimaient leur pardon en les aspergeant d'eau bénite à l'aide d'une palme consacrée. (Je trouve cette coutume très jolie perso )
Alors les repas de mariage, chez nous, on les faisait pas à moitié visiblement puisque j'ai trouvé plusieurs sources disant que des lois sont passés pour réduire le nombre d'invités, pour contrôler la durée du mariage (qui pouvait durer jusqu'à 8 jours) mais aussi la quantité d'alcool et de nourriture!
Menu d'un mariage sur 2 jours
Au bal, les jeunes gens n'ont pas le droit de danser avec des jeunes filles plus jeunes qu'eux. La danse typique de mariage est la Schapeltanz des pays rhénans, sorte de gavotte appelée aussi "la danse de la couronne". La couronne (Krônel ou Schapel) est la coiffe de la mariée. Par définition, c'est un cercle rond mais il y a bien des manières d'en faire une. La fantaisie locale a donc inventé diverses formes. La couronne Alsacienne est un vrai monument de clinquant, de fleurs, de perles fausses, de rubans et de plumes teintes. La couronne est d'autant plus belle que la fille est plus riche. En général, ce sont ses amies qui lui en font cadeau. Elle est si encombrante que la mariée ne peut la garder pour danser et elle l'attache sur le chapeau du garçon d'honneur avec un ruban rouge. Les filles d'honneur essayent de la leur voler, le perdant devant payer une compensation.
Couronnes de mariage traditionnelles
Les invités, et surtout les proches parents, ne doivent pas partir les mains vides mais emporter un cadeau. C'est rarement un objet mais d'ordinaire une brioche ou un poulet rôti et des gâteaux embrochés sur un bâton. A leur retour chez eux, ils les distribuent aux membres de leurs familles qui n'ont pu assister à la noce. Une coutume disparue était d'offrir une sérénade aux mariés juste au moment de leur coucher. La coutume de porter du vin chaud épicé semble avoir été générale en Alsace. Par endroit, on le nomme Soupe parce qu'on y ajoute du poivre, du sel, de l'huile, du vinaigre et même des cendres. Après la bénédiction, la mariée reste étroitement surveillée par les filles d'honneur au point de n'être remise vraiment au marié qu'au moment du retour à la maison paternelle.
Mes sources
http://www.revue-des-sciences-sociales.com/pdf/rss08-denis.pdf
https://www.vieil-erstein.alsace/culture-et-traditions/traditions-alsace-f%C3%AAtes-et-coutumes/le-mariage/
Et ce que je ne savais pas en commençant à écrire ce post, c'est qu'un attentat aurait lieu à Strasbourg ce soir. Alors je trouve ça d'autant plus important de mettre ma culture à l'honneur, et j'en profite pour vous partager la photo de mariage de mes grands-parents, en 1946. Mon grand-père revenait juste du front et ils n'ont pas pu s'offrir un beau mariage, mais ils se sont aimé durant 67 ans.